samedi, janvier 23, 2016

Selon un observateur électoral belge, la communauté internationale pousse Haïti vers l’instabilité


Joris Willems, politologue belge
arton19577 (1)Port-au-Prince, 23 janv. 2016 — « La communauté internationale a mis Haïti sur un chemin qui conduira le pays à l’instabilité et à l’incertitude », critique Joris Willems, politologue belge qui a observé les élections controversées d’août et d’octobre 2015 en Haïti.
La communauté internationale « a été extrêmement permissive vis-à-vis du président Michel Martelly qui n’a réalisé aucune élection » au terme de son mandat de 5 ans, estime Willems, invité à l’émission Ti chèz ba, prévue pour être diffusée ce samedi 23 janvier 2016 sur AlterRadio (7:00, 15:00).
Il reproche aux membres du Core Group (groupe des « pays amis » d’Haïti) d’avoir conçu un éventuel « scénario » d’instabilité pour le pays, en proie à une grave crise politique, suite aux élections du 9 aout et du 25 octobre 2015.




Un deuxième tour pour la présidentielle et des législatives partielles, prévu pour le 24 janvier, a été reporté, sous la pression sociale et des manifestations de rue. De nombreux secteurs ont jugé que les conditions n’étaient pas réunies pour la tenue de ces élections.
Seul le candidat du pouvoir, Jovenel Moïse, menait campagne pour ce deuxième tour, boudé par son rival Jude Celestin, candidat de l’opposition, dont les réclamations n’ont pas été prises en compte.
Malgré des manifestations répétées et la mobilisation des organisations citoyennes contre ce processus électoral considéré frauduleux, le gouvernement et le Conseil électoral ont bénéficié du ferme appui de la communauté internationale pour aller « tête droite » vers le scrutin du 24 janvier.
Pour l’intellectuel belge, arrivé dans le pays en 2008, « la communauté internationale agit en Haïti comme un éléphant dans un magasin de porcelaine ».
« Quel avantage aurait-elle dans une transition ? », s’interroge-t-il.
Joris Willems prépare actuellement un doctorat sur le rôle de la communauté internationale durant les 30 dernières années de démocratisation en Haïti, après la chute de la dictature des Duvalier le 7 février 1986.

Source : http://archipel-media.com/selon-un-observateur-electoral-belge-la-communaute-internationale-pousse-haiti-vers-linstabilite/