vendredi, novembre 20, 2015

Martelly Bay Jovenel Moise Yon KALOT ,Martelly aurait giflé Jovenel Moïse...

Rumeur non confirmée.
Martelly qui s'était absenté d'Haïti avant les résultats du premier tour des élections présidentielles est retourné au pays vendredi, jour où il aurait eu un entretien au palais avec "son nèg bannann".
L'histoire raconte qu'au cours de cette rencontre, Jovenel Moïse se serait plaint d'avoir été abandonné. Ce que Martelly n'aurait pas apprécié. Ce serait dans ce contexte de dispute qu'il lui aurait balancé une "kalot" (une gifle).

Comme le rappelle le journal en ligne, Martelly et ses sbires ne sont pas à leurs premières violences physiques ou verbales sur des personnes.
Il n'y a là rien de surprenant quand on connaît l'itinéraire de l'homme et ses relations.
Evidemment, que le président d'un pays s'en prenne lors d'un meeting à une femme jusqu'à la traiter de "bouzen" de putain, c'est assez inédit - une première fois ?
Ce qui mérite d'être signalé c'est que ce comportement abusif de Martelly envers les plus faibles est une constante de la société haïtienne dans toutes les classes sociales, dans tous les milieux .
Ce qui explique pourquoi un évêque ( pas très catholique) lui avait recommandé de "mettre du sweet micky" dans sa politique.
Ce qui explique la fascination des élites médiatiques,  intellectuelles, politiques et économiques pour son arrogance et sa méchanceté, une culture dans laquelle ils se retrouvent.





Parce que posez-vous la question : qu'est-que c'est que le grenn-nanboundaisme ?
Avoir des grenn-nanbounda signifierait en principe en créole haïtien : avoir du courage.
Mais regardons de plus près de quel courage il est question.
Calixte Valentin, l'ami et conseiller du président qui a froidement assassiné un commerçant est considéré comme porteur de grenn-nanbounda.
On se rend compte rapidement que cette appellation grenn-nanbounda véhicule en réalité non pas du courage, de la bravoure mais, à l'inverse, un mode de fonctionnement basé sur l'usage de la violence.
Un des propagandistes de Martelly, très actif sur le net, disait à l'arrivée de Martelly au pouvoir, que les Haïtiens péfèreraient mille fois le retour des macoutes que celui d'un gouvernement Lavalas.
Récemment, il applaudissait sur le net aux violences exercées par le corps de  paramilitaires créé par Martelly : vive le BOID, disait-il, comme il aurait dit vive papa Duvalier président à vie, ou vive Ti- Bobo ! (un macoute célèbre).
Martelly, son groupe d'amis composé d'anciens militaires, macoutes, Fraph, dealers,  et ses partisans les plus zélés : ministres et autres membres du gouvernement sont emblématiques de ce rapport à la violence- fallacieusement qualifié de grenn-nanbounda- institué dans la société haïtienne sur la base de l'esclavage et officiellement transmué en valeur par le duvaliérisme.
Un autre des partisans des roses, à la tête plus que félée, opposé aux manifestations et autres mouvements sociaux, disait dans un fil de  commentaires : " Du temps de l'esclavage, tout le monde travaillait, il n'y avait pas de manifestations".
Bien sûr, vous me direz, ce type est un con fini. Son avis est du même ordre.

Cependant, n'allons pas si vite, ne nous empressons pas de tirer un trait et d'ignorer ce qui semble apparemment  insensé.
Parce ce que, ce à quoi fait référence ce type, c'est à un système autoritaire dans lequel la soumission est la norme et la liberté de penser, de se déplacer, de se rassembler, de s'exprimer, de s'organiser, un crime sévèrement puni.
Ce modèle de société est celui porté par la majorité des élites haïtiennes qui ont vu avec Duvalier, puis récemment avec Martelly, la possibilité que leur fantasme de retour à un ordre esclavagiste- l'enfermement de la population sous la domination d'un petit groupe-  puisse être "légalisé."
Les grenn-nanbounda, on l'a vu avec leur compicité au cours des années  du régime Martelly et avec la sélection d'un de leurs chefs comme Premier ministre de Martelly, ont fort bien illustré la définition qu'ils donnaient à ce terme: à savoir le gôut irrésistible pour le pouvoir et les abus, le "courage" de violenter les plus faibles (les pauves en général), le "courage" de se soumettre aux plus forts ( Ambassadrice des USA, les Clinton, Minustah, OEA, Core Group, Club de Madrid).

"Mal nommer les choses  c'est ajouter  au maheur du monde." Camus
Dans le peyi d'Ayiti, le terme marron, équivaut à irresponsable, kamoken appellation donnée aux résistants Tainos par les génocidaires espagnols devient ennemi; Kongo, une ethnie venue du royaume du Kongo qui a participé activement à la lutte contre l'esclavage se transforme en idiot, perle des Antilles, Saint Domingue appelée ainsi du temps de l'esclavage devient une référence d'un temps paradisiaque.
Ainsi, à l'inverse, grenn-nanbounda passe de valeureux à cruel et lâche.
Il serait peut-être plus que temps que les Haïtiens, plus de deux cent ans après l'indépendance, s'interrogent sur le vocabulaire usité,  considéré comme "normal" et qui en réalité assied l' intériorisation de leur infériorisation
source : http://elsie-news.over-blog.com/2015/11/martelly-aurait-gifle-jovenel-moise.html