mercredi, octobre 28, 2015

President Martelly accusé de vouloir imposer son poulain au deuxième tour !!

PORT-AU-PRINCE.- Le peuple haïtien a voté « en pintade », selon une expression locale, aux élections du 25 octobre dernier.Cette attitude de prudence prévalait face aux multiples assertions soutenant des plans macabres cautionnés par des vieux démons de la politique. Quoique la plupart des bureaux de scrutins fussent ouverts dès 6 heures du matin, peu de gens s’y aventuraient avant l’heure du midi.



Il est certain qu’ils sont peu nombreux à manifester une quelconque confiance aux prétendues garanties mises de l’avant par les autorités locales, d’autant que ces mêmes garanties s’étaient révélées fausses au premier tour des élections,le 9 août 2015.Selon les premières constatations, approximativement un million (1.000. 000) d’électeurs se sont prévalus de leur droit de vote pour un taux de participation variant de 25% à 30%. Ce faible taux, qui n’accorderait aucune légitimité au prochain président, paverait la voie à un deuxième tour de présidentielles, d’ailleurs prévue par le calendrier électoral. Mais, un sempiternel danger plane sur la proclamation définitive des résultats projetés dans les dix prochains jours, quoique les observateurs de l’Organisation des Etats Américains (OEA), les mêmes qui avaient cautionnées des fraudes massives en faveur de l’actuel tenant du palais national aux élections 2010-2011, aient noté « une amélioration considérable par rapport aux élections du 9 août ». Cette constatation a été proclamée par l’ex ministre brésilien des Affaires étrangères et de la Défense, Celso Amorim, qui conduit les observateurs de l’organisation hémisphérique. Contrairement aux affirmations dudit observateur électoral, des représentants de plusieurs partis politiques en lice sont montés au créneau pour dénoncer des cas d’irrégularités capables de compromettre l’idée d’une élection réellement démocratique, le 25 octobre dernier. C’est le cas de Lapeh dont le chef de file, l’ex- sénateur, Jean Hector Anascasis, assure que « de fausses urnes ont été introduites dans les bureaux de vote avec la complicité des membres des bureaux de votes. Les vraies urnes contenant les vrais votes ont été abandonnées», après avoir souligné que les mandataires de son parti n’ont pas été admis dans lesdits bureaux mais, ces faits se sont déroulés en présence de mandataires de partis affiliés telsInite et Vérité. De son coté, le candidat à la présidence, le sénateur Moise Jean-Charles, a constaté « des bourrages d’urnes réalisés par des partisans du PHTK de concert avec des membres de bureau de vote. Leur stratégie consistait à transporter de fausses urnes par des ambulances afin de les acheminer dans les centres de vote ». Même son de cloche de la part du mouvement Lavalas qui, tout en soutenant être « à quelques millimètres du pouvoir », appelle à la vigilance de ses troupes. Pour ne pas être en reste, le notaire Jean Henry Céant, dénonçait en mati- née de ce jour les irrégularités commises intentionnellement pour favoriser le favori du palais national.


Des milliers de mandats vendus à la criée publique
Le grand désordre constaté dans la plupart des bureaux de vote est du au nombre effarant de mandats mis en circulation par le CEP par le biais de faux organismes d’observation des activités électorales. Ces organismes-bidon seraient principalement d’obédience gouvernementale, à première vue, quoiqu’avec cinquante quatre candidats à la présidence et vingt fois plus de candidats aux différents postes électifs, l’encombre- ment attendu a eu lieu de manière féroce. La lutte pour le pouvoir s’effectuait officiellement à ce niveau, dans la permutation des boites de scrutins et la falsification des procès-verbaux. Laissant la gestion de la rue aux policiers et aux incrédules qui croyaient célébrer la victoire du vote. Selon le directeur du RNDDH (Réseau national des droits humains), Pierre Espérance, les- dits mandats se vendaient moyennant cent-cinquante gourdes. Mais, dès le jeudi précédent les élections (22 octobre), des cour- tiers étaient à l’œuvre. A Delmas par exemple, plusieurs boites de mandats ont été vendues à différents secteurs pour la bagatelle de cinquante mille dollars américains. L’engouement était tel que ces courtiers n’ont pas pu répondre à la demande. A l’ile de La Gonâve ou une misère atroce sévit, le vote était également aux enchères. A Anse-à-Galets particulièrement, certains candidats payaient ouvertement cinquante gourdes (1 dollar US) par votant avant qu’éclatent des bagarres en début d’après-midi. Des jets de pierre et de coups de feu ont contraint les forces de l’ordre affectées à ramener la paix dans cette ville.
Deux scénarios à l’étude, mais Martelly veut imposer Jovenel avec un troisième scénario
Dans ce panier de crabes, le président du CEP, Pierre-Louis Opont, joue sur l’usure du temps pour « travailler » l’électorat dans le cas circonstanciel ou le coup passe- rait. Des résultats qu’il aurait pu donner dans les quarante-huit heures attendront plus de dix jours pour faire monter les enchères, magouiller en fonction d’alliances obscures au détriment des intérêts du peuple haïtien. Une situation qui peut facilement détruire l’intérêt collectif dans une démocratie en herbe,souhaitable et incontournable. Et, qui sait, dégénérer en violence. Avec son expertise reconnue en matière de détourne- ment de votes, une expertise con- sacrée par les élections frauduleuses de 2010-2011, Pierre-Louis Opont arrivera certainement avec son arithmétique corrigée afin de justifier sa forfaiture préméditée. On sait très bien que, le lendemain du jour de vote, tous les bulletins ainsi que les procès-verbaux aboutissaient au Centre de Tabulation que le bon peuple haïtien qualifie de Centre des Tribulations. Pour de nombreux observateurs électoraux, seulement deux scénarios devraient être retenus afin d’apaiser la population conformément à son vote. A la proclamation de résultats plausibles, au cas où la volonté populaire triompherait, les candidats Moise Jean- Charles et Jude Célestin iraient au deuxième tour le 27 décembre. Un deuxième scénario place Jude Célestin et Maryse Narcisse face à face tandis qu’en troisième lieu, les deux Moise se feront la lutte. Mis de l’avant par le président Martelly, ce troisième scénario aurait été proposé à Pierre-Louis Opont avec la ferme recommandation de lui « donner l’homme de la banane ». Son poulain ferait une bouchée de pain de Moise Jean-Charles dont le mouvement Pitit Dessalines est dépouillé de moyens financiers tandis qu’un affrontement avec Jude Célestin nuirait trop à Jovenel Moise. C’est dans le but de confondre ses adversaires, tout en montrant au monde entier qu’il se désintéresse de ces joutes, que le président Martelly a fait momentané- ment retrait de toutes déclarations publiques. Le 25 octobre, après avoir voté, l’homme s’est retiré comme un voleur alors qu’antérieurement il se battait toujours pour être sous les feux de la rampe. Pour les besoins de la cause, c’est son premier ministre de facto, Evans Paul, qui était chargé du gros du boulot.Courant à droite et à gauche comme un pompier, K-Plim a déclaré aux journalistes au lendemain du deuxième tour que « le 27 décembre, je serai délivré ». Se distance-t-il déjà du président Martelly ?
La dernière bataille du président Martelly ?
En s’évertuant à placer, à tout prix, son poulain au deuxième tour du 27 décembre, le président Martel- ly livre pratiquement la dernière bataille de son quinquennat. Une lutte contre l’adversité qu’il mène avec toute l’énergie possible afin de ne pas aboutir au pénitencier national avec des membres de sa famille et ses principaux affidés. Près d’une centaine dans le cas d’une justice clémente. Logique- ment et contre toute attente, Jude Célestin, Maryse Narcisse et Moise Jean-Charles ne pourront s’interposer au couperet d’une justice aveugle que son propre ministre de la justice, Pierre- Richard Casimir, a qualifié de « femme aux deux yeux bandés ». Avec son équipe d’imposteurs, le président Martelly a volatilisé près de deux milliards de dollars américains desfondsPetro caribe dans des projets bidon, prostitué la justice et transgressé toutes les lois pendant cinq ans. Advenant une victoire d’un des concurrents de son poulain le 27 décembre, il ne devrait pas attendre le 1er janvier pour abandonner le palais national, selon une opinion générale- ment répandue dans la population active et soucieuse de se débarras- ser du cauchemar d’un quinquen- nat désastreux. D’où son souci à jouer dans les coulisses et manigancer afin de faire atterrir un pan- tin au palais national, un Jovenel Moise qui n’a même pas l’étoffe d’un homme d’état et qui est inconnu de la majorité nationale. D’ailleurs, le président Martelly l’a personnellement reconnu lors de l’inauguration de sa campagne à l’ombre de sa « route en l’air » (Carrefour Aéroport/Nazon) quand ils’est exclamé : «Ala neg led. Jovenel, leve pou yo wew, vi’n pale ». Mais, un calcul machiavélique ferait du planteur de bananes le catalyseur efficace, capable de lui assurer une retraite dorée à sa station balnéaire de la Cote-des-Arcadins qui vient de tomber dans le Département de l’Artibonite par décret présidentiel. La nature ayant horreur du vide, et afin d’enrayer la tempête qui se dessine, des acteurs de la société civile ont sommé le président du CEP de respecter le vote de la population et d’informer les candidats de tout changement dans le processus.Donc,les possibilités de magouilles menacent la paix des rues et des cœurs tout en compromettant l’équilibre démocratique qui proclame fièrement qu’un président élu remplace un autre président élu.
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