jeudi, octobre 22, 2015

Mandats pour les partis politiques : l’évangile selon Pierre-Louis Opont

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Parallèlement au décret électoral, le CEP a adopté des règlements divisés en 23 articles régissant l’accréditation des mandataires. Ces règlements sont « imposables aux partis politiques et aux mandataires », a indiqué Pierre-Louis Opont vendredi au cours d’une rencontre avec les responsables des partis politiques et des observateurs électoraux à l’hôtel Royal OASIS.
 Le nombre de mandats insuffisant donné aux partis politiques lors des élections du 9 août  a été à la base des troubles enregistrés le jour du vote. « Le CEP a appris cette leçon », a indiqué le président de l’institution électorale. C’est pourquoi chaque parti politique aura ou a déjà  en sa possession 13 725 mandats qui représentent le nombre des bureaux de vote répartis à travers le pays. Cependant, puisque les bureaux de vote sont  exigus et ne pourront pas contenir trop de personnes (mandataires, membres du bureau, observateurs, superviseurs et journalistes », Pierre-Louis Opont fixe les règles du jeu.

Selon la loi, chaque parti politique a droit à un mandataire dans le bureau de vote. Ce qui représente une centaine de mandataires par bureau de vote. « Impossible d’avoir cet effectif dans un bureau de vote », a souligné M. Opont.
Dans cette rencontre avec les partis politiques, les leaders politiques impliqués dans la course électorale ne se bousculaient pas pour écouter les membres du CEP. En revanche, le directeur exécutif de l’institution électorale a quand même présenté les règlements proposés par Pierre-Louis Opont et adoptés par les autres membres du CEP « après délibération ».
Selon l’article 4 du document, le mandataire doit avoir la qualité d’électeur et être inscrit sur le registre électoral. « Il est interdit pour la même personne de se présenter comme mandataire sur plus d’une liste … », souligne cet article alors que l’article 7 précise qu'un parti politique ne peut avoir qu’un seul mandataire par bureau de vote.
L’article 10 indique que « le bureau procède à un tirage au sort pour déterminer l’ordre d’accès de chaque groupe de mandataires (maximum 10). Le dernier groupe (3h PM) reste jusqu’à la fin des opérations ».  Alors que l’article 11 stipule qu’ « à l’ouverture du bureau de vote, au moment du tirage au sort, si le nombre des mandataires présents est égal ou inférieur à 10, un seul groupe sera formé pour assister aux opérations de vote jusqu’à la fin du dépouillement ».
Dans l’article 12, il est dit que les mandataires peuvent exercer leur droit de vote dans le bureau où ils sont affectés « même si leurs noms ne figurent pas sur la liste électorale communale ». L’article 13 précise que l’orienteur (un employé du CEP), après le tirage au sort, dresse une liste des mandataires qui feront partie des différents groupes qui auront à assister au dépouillement du vote selon l’horaire suivant : Groupe 1: 6h am-9h am ; Groupe 2 : 9h am-12 am ; Groupe 3 : 12 pm-15h pm et Groupe 4: 15 h pm- jusqu’à la fin des opérations.
S'agissant de ce dernier article, le représentant de Fanmi Lavalas qui participait à la rencontre a déclaré que son parti ne le respectera pas. « Tous les mandataires de Fanmi Lavalas seront dans les bureaux de vote », a annoncé Yvon Feuillé sous les applaudissements d’autres représentants de partis politiques.
Selon l’article 19 des règlements, « deux originaux du procès-verbal de dépouillement sont délivrés par le président du bureau de vote aux mandataires des partis politiques ou candidats ayant respectivement le plus grand nombre de voix, soit en première et en deuxième position ».
Pour l’article 21, le président du CEP a carrément mélangé les pinceaux. Alors que cet article qu’il a lui-même élaboré stipule que « le mandataire ne doit porter aucun signe distinctif évoquant une sensibilité politique dans l’enceinte du bureau de vote ainsi qu’aux abords immédiats du bureau de vote », Pierre-Louis Opont a recommandé aux partis politiques de donner des t-shirts avec leur effigie aux mandataires. « Les mandataires peuvent porter les maillots de leur parti comme cela se fait dans d’autres pays », a-t-il dit, contredisant manifestement ce qu’il a écrit dans l’article 21de ses règlements.
Il a fallu l’intervention de plusieurs représentants de partis politiques comme Ary Clinton de Renmen Ayiti  pour porter M. Opont à se rendre compte de sa bavure, à se rétracter et à se conformer aux prescrits de l’article.
Sur ce point, même les organisations d’observation électorale nationale ou étrangère n’ont pas le droit de porter des t-shirts marqués « Observateur ».
Des représentants de partis politiques ont exprimé leurs désaccords par rapport à certains points avancés par les conseillers électoraux. Ils considèrent comme un piège le fait que le CEP leur a demandé de mettre des photos de leurs mandataires sur 13 725 mandats. Selon eux, à environ une semaine des élections, ils n’auront pas le temps de le faire.
Par ailleurs, après avoir sollicité « une force lourdement armée », Pierre-Louis Opont doit se contenter de deux ou trois policiers par centre de vote. Toutefois, il s’est réjoui du fait que les policiers seront toujours en état d’alerte, prêts à intervenir, ce qui n'était pas le cas le 9 août. « Il y a des circonscriptions, au moment où nous parlons, la violence a déjà commencé », a indiqué Me Mosler Georges. « C’est pourquoi la conseillère Marie Lucie Paul Austin devait laisser la rencontre pour aller gérer un cas de violence au CEP », a-t-il ajouté.
À une semaine du scrutin, le CEP dit être prêt. Prêt pour faire mieux que le 9 août. Pierre-Louis Opont s’est même vanté d’être à sa quatrième élection. Donc, il sait ce qu’il fait, a-t-il laissé comprendre. Rendez-vous le 25 octobre ! Robenson Geffrard Le nouvelliste