samedi, octobre 17, 2015

Jude Célestin sera élu dès le premier tour ou affrontera Moïse Jean-Charles en second tour , selon Jean Hector Anacacis

À environ dix jours du premier tour de l'élection présidentielle, il n'y a pas plus confiant que Jean Hector Anacacis, coordonnateur de la Ligue alternative pour le progrès et l'émancipation d'Haïti. Pour l'ex-sénateur, le candidat de son parti, Jude Célestin, remportera les élections dès le premier tour. Mais si cela devrait se passer autrement, il ne voit pas d'autre concurrent que son ancien collègue Moïse Jean Charles, candidat de la plateforme Pitit Desalin.

«Il est très peu probable que Jude Célestin, dont la cote de popularité a augmenté, aille en second tour. Il remportera les élections dès le premier tour», a indiqué Jean Hector Anacacis, qui veut garder les pieds sur terre. Puisqu'on est en politique, il peut toujours y avoir un second tour mais ce sera contre Moïse Jean Charles, a-t-il affirmé. Jude Célestin pourrait affronter quelqu'un d'autre, sauf en cas de « magouilles », selon lui.
Évoquant le candidat du PHTK, il pense que Jude Célestin le battrait à plate couture. Un face-à-face avec Moïse Jean Charles serait beaucoup plus serré, pronostique-t-il, comptant sur le support de «toute la gauche et la droite progressiste» au cas où l'ancien directeur du Centre national des équipements ( CNE) aurait à affronter «l'homme-banane».
«Jovenel Moïse ne peut pas être président d'Haïti. Le peuple ne sera pas d'accord. Ce n'est pas encore son momentum», analyse le coordonnateur de la Ligue alternative pour le progrès et l'émancipation d'Haïti. Le bilan de Michel Joseph Martelly au pouvoir ne serait pas suffisamment satisfaisant pour porter les électeurs à voter en faveur de son poulain. Dénonçant l'ingérence de la communauté internationale qui, lors des dernières élections, avaient facilité l'arrivée au pouvoir de Michel Martelly, Jean Hector Anacacis estime que, même si Jovenel Moïse serait aidé, il ne pourrait pas diriger. Ce serait une catastrophe, prévient l'ex-parlementaire.
Jean Hector Anacacis met en garde le président Michel Joseph Martelly contre toute idée de prendre les élections au profit de son dauphin. C'est une chance qui est offerte à Martelly de mener une transition démocratique qui lui permettra de passer l'écharpe présidentielle à un autre président élu, dit-il. Mais si le chef de l'État pense qu'avec la complicité de la communauté internationale, il peut prendre le pouvoir au profit de Jovenel Moïse, Jean Hector Anacacis menace de sortir de ses gonds.
« Je ne suis ni Lambert ni Préval », lâche-t-il avant de faire remarquer qu'il ne cédera pas aux pressions. « Je suis l'ami de Lucifer et l'ami du Bon Dieu en même temps », dit-il. L'ex-sénateur du département de l'Ouest ne cache pas sa prédisposition à changer son attitude de pacifiste au profit d'une autre plus violente. Je suis contre le désordre puisque je suis habité par le Saint- Esprit, mais je peux changer et me laisser chevaucher par Papa loco automatiquement que quelqu'un souhaite provoquer le désordre », lance Jean Hector Anacacis, qui ne jure que par les élections.
Même s'il ne fait pas confiance au Conseil électoral, Jean Hector Anacacis affirme que les élections sont l'alternative. Les transitions n'apportent jamais de bonnes choses, argumente-t-il tout en promettant de rester vigilent par rapport aux agissements de l'institution électorale.
Danio Darius
Source: Le Nouvelliste