jeudi, octobre 08, 2015

John Kerry : « La violence et l’intimidation n’ont pas leur place dans le processus électoral »


image L’Ambassadeur des Etats-Unis en Haïti, M. Peter Murlean ; le Secrétaire d’Etat Américain, M. John Kerry ; Le Président de la République d’Haïti, S.E.M. Michel Joseph Martelly ; le Premier Ministre haïtien, M. Evans Paul

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a condamné mardi à Port-au-Prince toute forme de violence et d’intimidation dans le processus électoral. Pour l’ex-sénateur de Massachussetts, dont le pays supporte financièrement les élections, un gouvernement de transition pour organiser des élections n’est pas envisageable comme le réclament des partis politiques. « Ce n’est qu’à travers les élections qu’un transfert de pouvoir légitime peut se faire », soutient le secrétaire d’Etat américain, indiquant par ailleurs que « l’avenir d’Haïti dépend de son peuple. »

Le chef de l’Etat l’a invité, il a honoré l’invitation. Le secrétaire d’Etat américain a atterri à 3h 35 p.m. ce mardi 6 octobre à l’aéroport international Toussaint Louverture à Port-au-Prince. L’impressionnant cortège de John Kerry est arrivé au palais national à 3h 50 p.m. Après une rencontre avec le président Michel Martelly, le Premier ministre Evans Paul, des membres du gouvernement entre autres, John Kerry a donné une conférence de presse conjointe avec Michel Martelly. John Kerry s’est présenté comme quelqu’un qui a toujours été proche d’Haïti.
A 18 jours des élections, le secrétaire d’Etat américain veut que le cap soit maintenu pour le bon déroulement du scrutin. « Le président Obama et moi-même encourageons tous les Haïtiens à aller voter le 25 octobre, à être patients afin d’éviter toutes sortes de désordres, a déclaré John Kerry. La violence et l’intimidation n’ont pas leur place dans le processus électoral. Je sais que le peuple haïtien mérite bien davantage. »
A la suite d'une question d’un journaliste sur un éventuel gouvernement de transition pour organiser les élections, le secrétaire d’Etat américain a répondu entre les lignes. « Ce n’est qu’à travers les élections qu’un transfert de pouvoir légitime peut se faire, a indiqué John Kerry. C’est ainsi qu’on peut avoir un gouvernement légal et légitime et attirer le soutien de la communauté internationale. »
Pour Kerry, de toute façon, on aura une transition. « On sera automatiquement en transition car le président Martelly n’est plus candidat », a souligné le secrétaire d’Etat dont le principal souhait est le bon déroulement des élections en octobre et des autres tours. Pour que le scrutin se déroule bien, John Kerry croit aussi que la population a son rôle à jouer. « C’est votre devoir comme citoyen de participer aux élections, a lancé John Kerry. Nous voulons que les élections d’octobre et les autres tours se passent bien car nous voudrions vous voir franchir le prochain seuil important : la transition vers une économie florissante et un système démocratique fort. »
« Haïti a besoin de s’unir »
Alors que les Etats-Unis contribuent à hauteur de 30 millions de dollars pour tout le cycle électoral, John Kerry a renouvelé l’engagement de son pays à supporter le processus financièrement. Le secrétaire d’Etat américain rappelle aux Haïtiens que leur devise est « l’union fait la force. » Selon lui, le prochain scrutin est une bonne occasion de tester cette devise.
« Nous voulons être certains qu’il n’y ait aucune violence, aucune intimidation, aucun désordre pour que les gens puissent aller voter dans la paix, a insisté John Kerry. Les Etats-Unis condamnent toute violence. Nous encourageons une forte participation au processus électoral. »
Si les politiciens n’arrivent jamais à s’entendre, ce n’est pas un bon signe. John Kerry croit qu’Haïti a besoin de s’unir, d’éviter les blocages politiques. « Personne ne gagne lorsque les gens refusent de discuter, a soutenu John Kerry. Je crois fermement qu’avec ces élections, la population peut définir son avenir. Mettez-vous ensemble pour attirer des investissements. Cela passe par l’organisation de bonnes élections. »
Martelly : « le 9 août était loin d’être parfait »
Depuis le premier tour des législatives marqué par de graves irrégularités, c’est pour la première fois que le président Michel Martelly a donné officiellement son opinion sur le scrutin. « L’exercice démocratique du 9 août [le premier tour des législatives] était loin d’être parfait,  a déclaré Michel Martelly. Il a mis en exergue des faiblesses à la fois conjoncturelles et structurelles de notre système politique. »
Selon le chef de l’Etat, « le CEP s’est engagé et le pouvoir l’a encouragé à corriger tout ce qui peut l’être afin que les élections du 25 octobre soient meilleures. « Haïti est résolument tournée vers l’avenir, a déclaré Michel Martelly. Nous sommes convaincu que l’alternance démocratique est la seule voie possible et envisageable. (…) Le gouvernement continue à tout mettre en œuvre pour la bonne réussite du processus. L’accompagnement donné à la police sera renforcé en vue d’une meilleure efficacité le jour du scrutin. »
« Les deux gouvernements (haïtien et américain) s’attachent mutuellement et continuellement au respect de l’échéance du 25 octobre et à la nécessité que le pouvoir présidentiel soit transféré à la date que requiert la Constitution : 7 février, a poursuivi Michel Martelly. Mon mandat devrait prendre fin le 14 mai 2016, mais dans l’esprit de remettre les pendules à l’heure, j’ai moi-même décidé que le prochain président prenne les rênes le 7 février comme le prévoit la Constitution. »
A son invité du jour, Michel Martelly lui a transmis ses remerciements d’avoir honoré l’invitation de venir en Haïti. « La présence du secrétaire d’Etat américain  en Haïti témoigne de l’engagement continu du peuple américain aux côtés d’Haïti », croit le président de la République, qui citait en exemple certains projets financés par les Etats-Unis dans le pays ainsi que l’appui fourni dans différents secteurs.
De son côté, le secrétaire d’Etat américain a fait remarquer que depuis le tremblement de terre du 12 janvier 2010, les Etats-Unis ont fourni à Haïti une assistance de 4,2 milliards de dollars. « Mais l’avenir d’Haïti ne sera pas défini par l’aide externe bien que ce soit nécessaire pour le moment, a précisé John Kerry. L’avenir d’Haïti dépend de l’unité de son peuple et de votre capacité à développer des institutions démocratiques fortes. »  Valéry Daudier
Palecho.com : Source le nouvelliste