mercredi, août 05, 2015

Don Kato, un rasta au Sénat



Aujourd’hui, après vingt-deux ans de carrière professionnelle, Don Kato se veut fidèle à son amour pour le micro. Avec une vision prospective, il s’engage pour son premier poste électif aux législatives prévues pour le 9 août prochain. « On a tendance à croire que je suis nouveau dans la politique. Si faire passer les revendications de la classe défavorisée fait de moi un politicien, alors je l’ai toujours été. Parce que mes textes musicaux sont des preuves à conviction que je me suis toujours soucié du respect des normes dans la société. Je suis né soldat, pas privilégié. En tant que tel, j’ai appris à me battre pour percer dans la musique comme je l’ai fait dans le cinéma.


Je suis toujours prêt à souffrir, je suis habitué à ça. Pour défendre les intérêts de la nation, il n’y aura pas de concessions », soutient l’artiste motivé avant les élections. Musicien, chanteur, acteur et compositeur, Don Kato est réputé principalement pour ses titres à succès « Stayle », « Aloral », « Chochonèt » et « Bon bò a » qui ont pâli les jours roses de Michel Martelly. Ses rôles remarquables dans « I love you Anne » et « We love you Anne » ont, entre autres, contribué au temps fort du cinéma haïtien. De méringues comiques à des discours politiques, le chef du BP s’est muté presque en véritable leader d’OP. Une conduite osée dont son groupe a fait les frais, frappé de suspension aux défilés caravesques depuis plusieurs années. Pour l’heure, l'objectif de M. Cheramy est de siéger à la chambre haute du Parlement. Contrairement à Gracia Delva, Don Kato ne touchera pas à un seul de ses cheveux pour gagner la sympathie des parlementaires. L’homme est acide sur ce sujet et ne négocie pas ses tresses. « Ce n’est pas ma coupe de cheveux qui fera de moi un bon ou un mauvais parlementaire.

Se pa cheve ki pwoblèm Ayiti, c‘est une question d’éthique, d’équilibre, de conscience et de loyauté. Celui qui a fait mourir le Christ ou tué Jean-Jacques Dessalines n’était pas un dread ! Par conséquent, ce sont nos actes qui déterminent ce que nous sommes. Sous quelle que soit la forme, dread mwen p ap koupe. » Par rapport aux autres candidats au Sénat, le chanteur précise qu’il n’a pas autant de projets de lois. Selon lui, il existe des candidats qui ne savent même pas ce qu’est un projet de loi. Le numéro 1 de Brothers Posse explique que son programme est axé sur le renforcement des institutions étatiques, la prise en charge des employés de l’État non rémunérés, la protection des droits des agents de sécurité et femmes ménagères… Surtout, donner un statut légal et professionnel à ceux qui pratiquent les arts fait partie de ses priorités. Le mauvais comportement de quelques artistes devenus hauts fonctionnaires de l’État semble avoir irrité Don Kato. S’il ne nous cite pas un nom, c’est parce que monsieur sait que cela fait la une pour l’instant. De même qu’il existe des lois comme « outrage à l’autorité » pour protéger les dirigeants, le candidat croit qu’il est nécessaire de voter des lois pour défendre la population face au manque d’égard des politiques. « Mon comportement comme musicien doit être différent de celui d’un parlementaire. On ne me verra pas sur un char au moment d’une séance au Parlement. Toutefois, il est clair que je continuerai à faire de la musique quelle que soit la fonction que j’aurai à occuper. Il y a des messages qu’on ne peut faire passer qu’à travers la musique. D’ailleurs c’est ce qui m’a amené jusqu’ici. De ce fait, je tiens à honorer la nation avec un modèle de parlementaire de caractère. Yo p ap ka achte m, yo p ap ka devye m », assure Don Kato. - See more at: http://lenouvelliste.com/lenouvelliste/article/148198/Don-Kato-un-rasta-au-Senat#sthash.EocDUzHM.

Son rêve d’enfant était de devenir un grand footballeur. « Je rêvais de me voir soulever par une foule de fanatiques après un but marqué », se rappelle-t-il. Mais sa mère, cent pour cent musicienne, le voulait chanteur. Pour réveiller son instinct d'artiste, elle l’a donc initié très tôt au chant à l’église. Avec des cours de solfège et des participations à des concours de talent, Antonio Cheramy avait fait armes et ses valises inconsciemment pour une aventure musicale sans retour. Le reggae boy qui s’est essayé au compas à l’origine a toutefois drainé sa popularité à travers ses méringues carnavalesques aux couleurs roots-rock-reggae. Sa montée en puissance avec ses méringues piques a créé des controverses. Devenu ténor des jours gras à travers Brothers Posse, le rasta est le seul à avoir tenu tête au président du compas.

Palecho.com source :  http://lenouvelliste.com/lenouvelliste/article/148198/Don-Kato-un-rasta-au-Senat