jeudi, juillet 17, 2014

Maryse Narcisse désignée, Moïse Jean-Charles rouspète

Maryse Narcisse a été officiellement désignée, mardi, pour représenter le parti Lavalas à la présidentielle de 2015. Alors que le parti de l’ex-président Aristide a pris les devants, le sénateur Moïse Jean-Charles, ancien membre influent du parti, appelle les adeptes de « l’idéal du 16 décembre 90 » à faire front.
Le sénateur Moïse Jean-Charles, expulsé du Parti Fanmi Lavalas, est le premier à réagir à la décision du parti de l’ex-président Aristide de propulser Maryse Narcisse comme candidate à la présidentielle de 2015.

«  Le choix de Mme Narcisse pour représenter le parti  à la prochaine élection présidentielle a été orienté, imposé par l’ambassade américaine et l’USAID, a tempêté le sénateur Moïse Jean-Charles, arguant que la coordonnatrice de Fanmi Lavas est  d’ailleurs une employée de l’USAID. Le président Aristide ne peut que l’accepter ! »

Le parlementaire ne voit pas pourquoi une personne veut avoir la bénédiction du leader lavalas pour participer aux prochaines élections. D’un ton ironique, Moïse Jean-Charles appelle ceux qui ont eu une telle intention à «  laisser l’ex-président se reposer en paix  là ou il se trouve! ». « Aujourd’hui, estime-t-il, le président Aristide ne peut rien faire pour quiconque. Tout le monde sait qu’il est contrôlé par l’impérialisme. Ceux que veulent les Blancs, c’est ce qu’il fait lui-même. Il n’a pas le choix. »

 L’ancien maire de Milot croit néanmoins que ce choix est une «  fuite en avant  pour détourner l’attention de la population de la lutte contre le pouvoir en place». Pour lui,« Mme Narcisse est une continuité de Martelly ».

« Je suis un rebelle »

Tout de go, Moïse Jean-Charles, bête noire du régime Tèt kale, indique que lui et les bases ont pris   leurs distances par rapport à cette décision. «Tout le monde le sait. Le sénateur Moïse Jean-Charles est un homme de caractère, de conviction. Nous avons décidé de mener une bataille politique dans le pays », a-t-il balancé avant d’ajouter : « Le président Aristide a le droit de faire ce qu’il veut. Le peuple aussi. Mais moi, je suis un rebelle. Je fais ce que veut le peuple. C’est un dossier fermé.»

Le parlementaire, considéré comme un leader émergent, déclare qu’il « travaille à mettre en place une plateforme politique large dans le pays. Et cette plateforme ne s’associera nullement avec l’ambassade américaine. »

Moïse Jean-Charles n’entend pas débrancher le parti de Jean-Bertrand Aristide, mais il va conquérir les « baz », « les OP… ». « Cette plateforme, explique-t-il, doit tenir compte de l’idéal du 16 décembre 1990. Elle sera constituée des bases lavalas,  des OP, des commissions de Fanmi lavalas dans tout le pays, de la diaspora supportant Lavalas. A ceux-là s’ajoutent des partis de gauche, centristes, ceux issus de Lavalas, des dissidents de la fondation Aristide, de la Fanmi se lavi… »

Sans dire s’il sera un concurrent de Mme Narcisse à la prochaine présidentielle, Moïse Jean-Charles conclut que la plateforme en devenir aura « un leadership collectif ».
Yvince Hilaire - Source Le Nouvelliste