jeudi, juin 19, 2014

Révolté, Me Céant demande à l’État de stopper l’expropriation au bas de la ville

Le notaire public, Me Jean-Henri Céant qui annonce publiquement sa candidature à la prochaine élection présidentielle, dénonce avec véhémence, mercredi, en conférence de presse, la manière dont l’État haïtien procède à l’expropriation forcée des propriétaires du centre-ville. Il demande au gouvernement de stopper cette opération qu’il qualifie « d’alarmante », a constaté Haiti Press Network.


Me Jean-Henri Céant, notaire public impliqué dans le traitement de dossiers de l’expropriation au bas de la ville, où 200 hectares ont été déclarés, sous le gouvernement de René Préval après le séisme de janvier 2010, d’utilité publique, dit ne pas comprendre l’attitude du gouvernement qui s’empresse à démolir les bâtis au centre-ville, alors que des dossiers y relatifs sont encore en train d’être traités.

Citant par ailleurs la loi du 5 septembre 1979 qui s’articule autour de la question de l’expropriation, l’ancien candidat malheureux à la présidentielle de 2010, estime que le gouvernement foule au pied les droits à l'information et à la propriété, en posant cet acte de cette manière au centre-ville.

Aussi demande-t-il aux représentants actuels de l’État de faire un stop dans cette démarche de démolition de maison entreprise de façon arbitraire au centre-ville, afin de permettre à la population concernée, notamment les propriétaires de s’organiser.

De l’avis du notaire qui en profite pour dénoncer des collègues d’avocats qui, dit-il, l’indexant à des fins politiques, comme étant responsable de cette expropriation, une vaste campagne de sensibilisation y relative s’avérait nécessaire.

« C’est un droit régalien que l’État dispose d’exproprier. Cependant, tout doit se faire suivant la loi et en communion avec la population. L’État devait entreprendre une grande campagne de sensibilisation avant de procéder à l’expropriation », martèle Me Céant, avant de se proposer comme accompagnateur de toutes les victimes de cette expropriation forcée.

D’après Me Céant, sur quelque 400 propriétaires répertoriés, suite à la déclaration d’utilité publique, suivie de l’expropriation de l’espace, sa structure composée de sept membres et d’un géomètre, travaillant sur le dossier ne dispose à date que 180 dossiers en traitement.

Texte et photo : Alix Laroche
alix.l@hpnhaiti.com

Source : http://www.hpnhaiti.com/site/index.php?option=com_content&view=article&id=13108%3Ahaiti-societe-revolte-me-ceant-demande-a-letat-de-stopper-lexpropriation-au-bas-de-la-ville&catid=8%3Asociete&Itemid=14