vendredi, mai 30, 2014

640 policiers sur la liste de renvoi pour abandon de poste »



Lors de la traditionnelle conférence de presse bilan tenue chaque fin du mois par l’IGPNH, Marc Wilkens Jean, son porte-parole, a d’abord passé en revue la tournée d’inspection qu’avait effectuée le service à la mi-mai dans le Sud-Est. « Au cours de cette visite, l’on a découvert que les 10 commissariats ainsi que les six sous-commissariats de police dudit département sont pour la plupart en bon état et bien entretenus », s’est félicité le porte-parole de l’IGPNH. « Même si un manque d’effectifs et de moyens y est éloquent », a-t-il concédé, soulignant en revanche que « La police jouit d’une bonne réputation dans le département et qu’il y a une parfaite harmonie entre la police et la justice, ainsi que de bonnes relations entre les forces de l’ordre, les autorités locales et la population […] ».


Durant cette même période, trois policiers sont placés en isolement et 645 recommandations de renvoi de policiers ont été approuvées par le DG de la PNH et le ministre de la Justice. « Parmi les recommandations, 640 le sont pour abandon de poste et les cinq autres se réfèrent à des cas de tentative de viol, d’assassinat, de trafic de stupéfiants […] », a détaillé Marc Wilkens Jean, avant d’ajouter que « 33 plaintes ont été reçues ».

Ces dernières, selon le haut-gradé de la PNH, portent, entre autres, sur des cas d’abus d’autorité, menace, agression physique, dettes, conflit conjugal, meurtre et conflit terrien. Entre autres dossiers, selon M. Jean, « 106 enquêtes ont été ouvertes au cours du mois, 38 dossiers signés et expédiés au DGPNH et 13 policiers qui ont perdu leurs armes sont appelés à les payer. Sur nos lignes d’alerte disponibles nous avons reçu 35 appels pour dénoncer des actes de banditisme ou pour féliciter des policiers ». En ce qui a trait aux policiers qui prennent le malin plaisir de bastonner des gens durant les manifestations, Marc Wilkens Jean rappelle à leur égard la loi sur le règlement de la police qui établit quand le policier doit utiliser la force et quand il peut faire usage de son arme à feu.

« L’acte que pose le policier dans l’exercice de ses fonctions doit être légal, nécessaire, proportionnel à la situation à laquelle il est confronté et responsable, a-t-il expliqué. S’il y a présomption d’abus, poursuit-il, à ce moment nous ouvrons une enquête et si nous découvrons que ces principes n’ont pas été respectés, le policier est sanctionné conformément aux règlements de discipline générale de la police. » Par ailleurs, sur le dossier du militant politique Rony Timothée qui, selon des allégations, aurait subi des actes de violence à la prison civile de l’Arcahaie, le porte-parole de l’IGPNH a fait savoir que la Division des affaires pénitentiaires de la police mène actuellement une enquête sur cette affaire. Il dit attendre le rapport de ladite division avant de se prononcer là-dessus. Pour ceux qui ont avancé que « le porte-parole de la FOPAK a été appréhendé par des hommes armés en civil », le commissaire divisionnaire a précisé qu’il y a des unités dans la police nationale qui travaillent en civil, notamment des unités de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). Cependant, renchérit-il, il y a un élément-clé qu’il faut toujours remarquer lors de l’intervention de ces policiers en civil, c’est la voiture qu’ils utilisent. « Il faut que ce soit une voiture de la police, c’est-à-dire une voiture portant la plaque et le logo de la police. Dans le cas contraire, ce ne sont sûrement pas des policiers… », a souligné le commissaire divisionnaire dans la salle de conférence de l’IGPNH devant une bonne vingtaine de journalistes plutôt circonspects .

 Bertrand Mercéus mbertrand@lenouvelliste.com et Juno Jean Baptiste

Source : lenouvelliste.com