mercredi, mars 12, 2014

Parlementaires-boxeurs : le sénateur Dr Wencesclass Lambert arrache deux dents de la bouche de Daniel Théodore,

Sans tenailles ni anesthésie, le sénateur Dr Wencesclass Lambert arrache deux dents de la bouche de Daniel Théodore, un homme qui s'est permis de le contredire lors d’une rencontre, dimanche, à Corail Soult, une localité de la commune de Marigot. Pour l'avoir démenti sur la construction d’un centre de santé dans la zone, le parlementaire a mis de côté son honorabilité et a frappé le citoyen deux fois en plein visage sous les regards de plusieurs personnes qui assistaient à la rencontre. 


« M fout misye yon kout pwen nan dyòl li. M fout li yon dezyèm kout pwen. Ou ka wè sa, dan misye rache », a lancé  le sénateur sur un ton satisfait. Il aurait fait arrêter immédiatement Daniel Théodore si ses agents de sécurité étaient sur place, a-t-il dit dans la presse. « C’est le seul pays où l’on ne respecte pas les autorités », a déclaré Wensesclass Lambert. « Il a dit que je mentais, il m’a énervé », a-t-il ajouté. Selon l’élu du Sud-Est, dans le passé, il aurait été impensable qu'un individu démente un sénateur en public.

Comme explication, le parlementaire a indiqué que Daniel Théodore était venu perturber une rencontre privée à laquelle il n’était pas invité. Après son forfait, Wencesclass Lambert a fait savoir à tous ceux qui l’ignoraient qu’il a deux comportements dépendamment de la situation dans laquelle il se trouve. Il peut se comporter en homme de bien, tout comme il peut être un « vagabond », a-t-il dit. Alors, ne le cherchez pas !

M. Lambert reproche à Daniel Théodore d’avoir une réputation de fauteur de troubles. Le sénateur a fait remarquer qu’il lui avait demandé de laisser l’espace où se déroulait la rencontre et que ce dernier avait refusé de partir. Il a souligné également que  Daniel Théodore faisait partie de son équipe dans le département. « Il est un traitre. Je lui ai dit de partir. Il a refusé. Je lui ai donné un coup de poing à la figure et deux de ses dents ont été arrachées »,  a soutenu le parlementaire mardi sur Radio Vision 2000.

Comme pour montrer qu’il n’a aucun regret et qu’il serait prêt à récidiver, le parlementaire a déclaré : «Je retiens cette phrase de Voltaire : ‘’Parfois, il faut agir comme si on n’a jamais été civilisé pourvu que la situation l’oblige’’. »

A la question directe : sénateur, avez-vous l’intention de présenter des excuses ou pas ?  Wencesclass Lambert de répondre : « Excuses, pourquoi ? C’est lui qui doit me présenter des excuses pour avoir voulu participer sans invitation à une rencontre que j’organisais ».

Le sénateur a expliqué au Nouvelliste qu’il avait été invité par un groupe de femmes dans la zone de Corail Soult dans la commune de Marigot  pour évaluer leurs besoins et y apporter des réponses. C’est à la fin de la rencontre que Daniel Théodore s’est introduit sans invitation dans l'espace, a-t-il dit. Les femmes lui ont interdit de parler, mais de force il a commencé à dire que le sénateur ne racontait que des mensonges.

A ce moment, Wencesclass Lambert a fait un étalage de ses réalisations dans la zone : distribution de motocyclettes, construction de routes « et il y a déjà 3 millions de gourdes disponibles pour la construction du centre de santé », a indiqué au Nouvelliste le parlementaire. Selon lui, Daniel Théodore lui a donné un coup de pied aux testicules avant de prendre la fuite.


La version de Daniel Théodore

A cette rencontre, Daniel Théodore a reconnu avoir dit au sénateur qu’en 2009 il avait déjà assuré que l’argent pour la construction d’un centre de santé dans la zone de Marigot était disponible. « Alors qu’on est en 2014, vous venez encore avec le même projet. Je lui ai demandé est-ce qu’il n’avait pas la volonté pour le faire ou s’il attendait une campagne électorale pour réaliser le projet », a expliqué M. Théodore à la presse.

« C’est alors qu’il m’a demandé de me taire pour ensuite me frapper et m’arracher deux dents. Il m’a proféré des menaces de mort. Je remets ma vie entre les mains de ce sénateur », a indiqué Daniel Théodore. Selon lui, en posant une question au parlementaire, il n’avait nullement l’intention de perturber la rencontre.

Autre cas d’agression physique impliquant un parlementaire

Le samedi 3 mars 2014 aux Cayes, un policier de l’UDMO Louinel Bazile a été sévèrement tabassé par des proches du député Aurélien Joachim qui se trouvait, lui aussi, à bord d’un véhicule non loin du sous-commissariat des Quatre- Chemins aux environs de 2 heures du matin pendant que le policier en civil effectuait une fouille de routine, selon les informations recueillies.

Selon le commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance des Cayes, Me Joubert Amazan, qui avait auditionné l’affaire, le député Joachim a assumé ses responsabilités tout en innocentant ses proches. Le magistrat a fait savoir qu’il n’y avait pas eu de provision légale pouvant lui permettre de garder le parlementaire qui bénéficie de l’immunité. Le commissaire Amazan dit toutefois que le dossier suit son cours normal au niveau de la justice.
 
 



Robenson Geffrard
 rgeffrard@lenouvelliste.com