samedi, février 22, 2014

Jean Claude Duvalier est en difficulté avec la justice haïtienne

Nouveau tournant dans l’affaire judiciaire de l’ancien président Jean Claude Duvalier. La Cour d’Appel a rendu hier jeudi un arrêt qui casse l’ordonnance du Juge Jean Carvès qui avait envoyé l’ex président par devant le Tribunal Correctionnel.
Selon ce verdict de la Cour d’Appel de Port-au-Prince, il y a lieu de poursuivre M. Duvalier pour des crimes contre l’humanité étant imprescriptibles. Un supplément d’instruction est ordonné et c’est le juge Durin Duret Junior qui en sera chargé.

Cette nouvelle décision judiciaire relance complètement les débats sur l’opportunité de juger par devant le Tribunal criminel l’ex dictateur qui, selon certains plaignants, est responsable de nombreux crimes perpétrés sur son régime. « La Cour reconnait que la notion de Crime contre l’Humanité fait partie de la coutume internationale et que la coutume internationale fait partie du Droit interne haïtien. Dit et déclare que les actes reprochés au nommé Jean Claude Duvalier constituent des crimes contre l’Humanité et sont, de par leur caractère continu, imprescriptibles » a lu Jean Joseph Lebrun, président de la Cour d’Appel de Port-au-Prince.
L’un des défenseurs de M. Duvalier, Me Fritzo Canton, dit ne pas comprendre le bien-fondé de cet arrêt de la Cour d’Appel. De l’avis de Me Canton, les juges de la Cour n’ont nullement compris les textes de loi portant sur les crimes contre l’Humanité. Alors que Me Mario Joseph, avocat de la partie plaignante, a crié victoire et estime que la Justice haïtienne est sur le point de réaliser un bon coup dans le cadre de ce dossier.
Au moment où nous écrivons cet article, nous venons d’apprendre que le Canada, par le biais de son chargé d’affaires en Haïti, M. Gilles Rivard, a salué cette décision de la Cour d’Appel vue comme une nouvelle étape dans le processus judiciaire visant l’ancien président Jean Claude Duvalier. « Le Canada est satisfait que la Cour d’Appel ait enfin rendu son ordonnance, mais beaucoup de travail reste à faire avant que justice ne soit faite » peut-on lire dans un communiqué émanant de l’Ambassade du Canada à Port-au-Prince.
En attendant l’aboutissement de l’instruction supplémentaire ordonnée par la Cour, Jean Claude Duvalier semble avoir de bonnes raisons d’être paniqué face à cette décision de la Cour d’Appel de Port-au-Prince.
Patrick Georges
E-mail: patrickgeorges1984@gmail.com