mercredi, décembre 18, 2013

Moïse Jean-Charles n’attaquera pas Jean-Bertrand Aristide

Ses déclarations  avaient créé un grand suspense. Mercredi dernier avant de s’envoler pour le Brésil et l’Argentine en vue de rencontrer des membres du pouvoir exécutif, des parlementaires et des militants de gauche, le sénateur Moïse Jean-Charles  avait menacé de faire des révélations au cas où l’ex-président Jean-Bertrand Aristide ne se serait pas prononcé sur la décision de Fanmi Lavalas de les interdire, lui et le député Arnel  Bélizaire, de prendre la parole au nom du parti.


Le sénateur  a tenté ce mardi de désamorcer la bombe. «Je ne vais pas attaquer l’ancien président Jean-Bertrand», a-t-il déclaré sur Magik 9. Le parlementaire, qui ne cache pas ses bonnes relations avec l’ancien chef de l’Etat, a précisé ses cibles : Pacha Vorbe et Maryse Narcisse.

« Il y a deux mois, ces derniers ont participé à une rencontre au palais national», a révélé le sénateur Moïse Jean-Charles. Il dénonce une entente entre le directoire de  Fanmi Lavalas qu’il qualifie de « Macoutobourgeois », l’ambassade américaine et le palais national en vue de casser le mouvement contre le président Michel Joseph Martelly. 

« Mais le peuple a compris. Il s’est rendu compte que le directoire de Fanmi Lavalas est en train de le conduire sur une mauvaise voie »,  a lancé Moïse Jean Charles.

Certains militants lavalas se sont montrés hostiles par rapport au directoire du parti de l’ex-président Jean-Bertrand Aristide.  Maryse Narcisse, la coordonnatrice, s’est fait huer la semaine dernière lors d’une intervention aux Cayes et ce lundi au local de la Fondation Aristide à l’occasion du 23e anniversaire de la première élection d’Aristide par des  militants qui prenaient partie visiblement pour Moïse Jean-Charles.

Face à cette situation de confusion, seules quelques centaines de  militants lavalas ont été remarqués le 16 décembre pour célébrer ce 23e anniversaire. Si jamais on laisse tomber le mouvement, les initiateurs auront  de sérieux problèmes de persécutions, a laissé entendre le parlementaire.  Moïse Jean-Charles  qui sera de retour dans le pays ce mercredi, s’est dit déterminé à relancer la mobilisation contre le régime en place et surpasser cette situation de confusion.

Se disant révolutionnaire, le parlementaire, dans le cadre de sa tournée, confie avoir eu des rencontres avec des parlementaires brésiliens et participé au congrès du parti des travailleurs où il a exposé la situation d’Haïti. Il s’est entretenu avec la présidente brésilienne, Dilma Russeff, sur plusieurs sujets, notamment le retrait des Casques bleus brésiliens de la Minustah.   Ce périple le conduira en Argentine où il rencontrera plusieurs personnalités, dont le chef du cabinet, Jorge Capitanich, équivalent du chef du gouvernement.
Danio Darius
Source: Le Nouvelliste