mercredi, décembre 18, 2013

Haïti et la République dominicaine reprennent le dialogue

 Source : /Nouvelliste
Le Venezuela convainc la République dominicaine de reprendre les discussions avec Haïti. C’est le président vénézuélien, Nicolas Maduro, qui a lui-même annoncé, mardi, la création d’une commission mixte entre les deux Etats se partageant l’île. La migration, le commerce, la sécurité frontalière, l’environnement sont les points qui seront débattus dans cette structure.
Depuis le début des « hostilités » entre Haïti et la République dominicaine sur la décision de la Cour constitutionnelle dominicaine, les présidents des deux pays ne se sont jamais rencontrés. Nicolas Maduro profite de la tenue au Venezuela du sommet ALBA–TCP-PetroCaribe pour mettre Michel Martelly et Danilo Medina sur la table du dialogue. Les deux autorités ont convenu de créer une commission mixte de haut niveau pour aborder les diverses questions d'ordre bilatéral. Ils auront le soutien du Venezuela, de l'ONU, de l'Union européenne et de la CARICOM, a déclaré le président vénézuélien.
 « J'annonce la création de ce comité de haut niveau pour aborder diverses questions d'ordre bilatéral », a annoncé Nicolas Maduro en présence des chefs d'État et de gouvernement et d’autres représentants qui ont participé à une cérémonie d’hommage en mémoire du libérateur Simon Bolivar au Panthéon national du Venezuela. 
La commission est composée de 10 membres nommés à part égale par chacun des deux pays avec le Venezuela comme observateur. Elle a pour mission de trouver des solutions aux problèmes liés à la migration, le commerce, la sécurité frontalière, l’environnement. Dans un communiqué, les autorités haïtiennes ont fait savoir qu’en marge au IIe Sommet extraordinaire ALBA–TCP-PetroCaribe, tenu à Caracas, Venezuela, les 16 et 17 décembre 2013, le président haïtien, Michel Joseph Martelly, et son homologue dominicain, Danilo Medina, se sont réunis dans une « ambiance cordiale sous les auspices du président de la République bolivarienne du Venezuela, Nicolas Maduro, afin de statuer sur des points d’intérêts communs. »
 « Les deux parties ont convenu de la nécessité de rétablir le dialogue et d’aborder des thèmes liés aux deux pays, tels la migration, le commerce, la sécurité frontalière et l’environnement. Les deux pays se sont également engagés à créer une commission mixte de haut niveau formée de 10 représentants, dont cinq de chaque côté, dans le souci de préparer un agenda et un chronogramme de travail », lit-on dans le communiqué. Le communique précise que c’est à l’issue de la rencontre entre Michel Martelly et Danilo Medina que les deux chefs d’État ont profité pour inviter la République bolivarienne du Venezuela, l’Organisation des Nations unies, l’Union européenne et la CARICOM à les accompagner dans ce processus de dialogue. 
 Le gouvernement dominicain avait décidé de ne pas participer à la rencontre prévue le samedi 30 novembre à Caracas. La deuxième du processus de dialogue entamé entre les deux pays avec la médiation du Venezuela. Une décision survenue à la suite de la position de la CARICOM de suspendre l’examen de la demande d’intégration du pays voisin à la structure régionale. La CARICOM avait formellement condamné la décision du tribunal constitutionnel dominicain. Le gouvernement dominicain avait également, par le biais de son ministre adjoint des Affaires étrangères, José Manuel Trullols, rappelé pour consultation son ambassadeur en Haïti, Ruben Silie Valdez, qui est revenu depuis plusieurs jours à son poste à Port-au-Prince. Dans son rapport préliminaire après une enquête en République dominicaine, la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) a considéré que l’arrêt 168-13 de la Cour constitutionnelle dominicaine conduit à une privation arbitraire de la nationalité à des milliers de Dominicains. Cette décision, selon la CIDH, a un effet discriminatoire et a un impact notamment sur les Dominicains d’ascendance haïtienne. 
La CIDH a indiqué que l’arrêt 168-13 « prive de la nationalité rétroactivement et génère de l’apatridie pour des personnes qu’elle ne considère pas des siens ni d’aucun Etat ». La Commission, qui a examiné 3 994 cas, a recommandé aux autorités dominicaines de garantir le droit à la nationalité des personnes qui ont déjà eu ce droit sous le régime national existant entre 1929 et 2010 et de prendre des mesures visant à garantir le droit à la nationalité des personnes affectées par l’arrêt 168-13. 
Le président Michel Joseph Martelly, qui a quitté le pays dimanche, a participé, les 16 et 17 décembre, à Caracas aux côtés de son homologue dominicain Danilo Medina et de plusieurs autres chefs d’Etat de la région au IIe Sommet de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de l’Amérique (ALBA – PETROCARIBE). Martelly était à la tête d’une délégation composée notamment du Premier ministre, Laurent Salavador Lamothe ; du ministre des Affaires étrangères, Pierre Richard Casimir ; du ministre de l’Agriculture, Thomas Jacques ; du secrétaire d’Etat aux Travaux publics, Philippe Cinéas et du directeur général du Bureau de monétisation, Michael Lecoprs.

Robenson Geffrard
rgeffard@lenouvelliste.com