vendredi, novembre 15, 2013

Video : Haïtiens vivent au Brésil [20,000]

 Photo /nouvelliste
Le Brésil est devenu une destination très convoitée par bon nombre d’Haïtiens. Ils s’y rendent, disent-ils, en quête de jours meilleurs. Le récent rapport du bureau consulaire brésilien chiffre à 20 000 le nombre d’Haïtiens immigrés en terre brésilienne dont 12 204 vivent en situation illégale.
En trois ans, le nombre d’Haïtiens arrivés au Brésil a considérablement augmenté. Ils sont pour la plupart des gens arrivés sur le territoire brésilien à l’issue de voyages clandestins. Selon un récent rapport du bureau consulaire brésilien, l’exode des Haïtiens au Brésil a explosé après le séisme de 2010. Depuis, environ 20 000 immigrés sont arrivés dans ce pays, dont environ 12 000 illégalement, selon les chiffres du bureau consulaire datés de juin 2013.

A en croire le gestionnaire du programme contre la traite et le trafic humain de l’Organisation internationale pour la migration (OIM), Tobias Metzner, les voyageurs clandestins paient entre 2 500 et 5 000 dollars américains à un passeur pour atteindre Brasilia, une ville frontalière de la Bolivie. Il souligne également que le réseau d’organisation de voyages clandestins fournit de la nourriture, un abri, de faux documents de voyage aux clandestins. « Une fois arrivés à Brasilia, les voyageurs sont accueillis par des pasteurs qui les logent chez eux, dans une église ou sous des tentes loin de toutes infrastructures.
Les voyageurs clandestins qui arrivent au Brésil sont à 80% des hommes, de religion protestante et de faible niveau d’éducation venus des différentes villes du pays, poursuit-il. Tobias Metzner confie que ces derniers ont du mal à s’intégrer dans la société brésilienne. Le faible salaire qu’ils gagnent par mois n’arrive même pas à subvenir à leurs besoins. « La vie est très chère au Brésil. Les gens gagnent un salaire minimum de 712 réis (monnaie brésilienne), qui équivalent à 350 dollars américains, par mois. Ils n’économisent même pas assez pour envoyer de l’argent à leur famille en Haïti », explique-t-il.
Tobias Metzner croit que le Brésil développe une approche de la migration très différente des autres pays de l’Amérique et de l’Europe. « Le Brésil ne pratique pas la déportation. Les autorités sont toujours prêtes à encadrer les immigrants. Mais l’Etat brésilien n’accepte pas que les Haïtiens continuent à rentrer au pays illégalement. Si la situation persiste, les autorités brésiliennes seront obligées de passer aux mesures répressives », déclare-t-il.
Les Haïtiens en quête d’une vie meilleure effectuent une longue traversée pour se rendre au Brésil. Ils prennent un vol à destination de Panama, puis de Quito, et se rendent ensuite en bus au Pérou ou en Bolivie. A partir de là, ils prennent un autre bus pour Lima pour se rendre à Brasilia. Récemment, l’État d’Acre situé dans le Nord du Brésil, qui borde la Bolivie et le Pérou, a décrété l’urgence sociale. Ils ont sollicité l’aide du gouvernement brésilien devant la marée de l’immigration clandestine, principalement en provenance d’Haïti, mais aussi de pays africains et asiatiques.
En avril dernier, le gouvernement brésilien avait annoncé qu’il régulariserait la situation des immigrants illégaux. Selon les dernières informations disponibles, le gouvernement brésilien aurait délivré un total de 10 165 visas humanitaires aux migrants illégaux qui sont entrés sur le territoire brésilien, en réponse à la situation difficile que connaît Haïti depuis janvier 2010.
Au cours de la 149e session de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) organisée à Washington la semaine écoulée, la représentante de l’ONG « Conectas Direitos Humanos », Camila Asanu, a expliqué que cinquante Haïtiens sans papiers arrivent au Brésil chaque jour par des voies irrégulières, principalement le long de la frontière avec le Pérou et la Bolivie.
Mme Asanu a souligné que ces personnes sont la proie des réseaux de trafiquants. Pour freiner ce trafic clandestin, elle a demandé à la CIDH de réaliser une étude sur les allégations de violations des droits humains commises sur les routes qu’empruntent ces personnes et d’entrer en contact avec les pays concernés pour combattre ce trafic.
En décembre prochain, l’Organisation internationale de la migration (OIM) prévoit de publier une étude sur la migration des Haïtiens au Brésil afin de porter les autorités haïtiennes et brésiliennes à trouver une solution aux flux de migrants haïtiens qui atteignent les villes brésiliennes illégalement.

Post by GMO.
Joubert Rochefort
Le Nouvelliste