jeudi, novembre 14, 2013

La République dominicaine veut "dénationaliser" les fils de migrants

En octobre 1937, le dictateur dominicain Rafael Trujillo ordonna le massacre de plus de 15 000 migrants haïtiens noirs pour « blanchir la race ». L'année suivante, pour se faire pardonner par la communauté internationale, le tyran sanguinaire ouvrit les portes de son pays aux juifs allemands, blancs, persécutés par Hitler.
Soixante-quinze ans plus tard, la décision du plus haut tribunal dominicain de retirer la nationalité dominicaine aux descendants d'Haïtiens provoque à nouveau la préoccupation de la communauté internationale et l'indignation des défenseurs des droits humains. Fin septembre, le Tribunal constitutionnel a jugé, de manière rétroactive, que les descendants des migrants « en transit », nés depuis 1929, ne pouvaient prétendre à la nationalité dominicaine.

>> Lire aussi : Des milliers de Dominicains d'origine haïtienne deviennent apatrides

Dénoncée comme un « génocide civil », cette décision a convertis les descendants de migrants en apatrides, alors que le droit du sol était en vigueur jusqu'à la Constitution de 2010. Le Prix Nobel de littérature péruvien Mario Vargas Llosa a qualifié cette sentence d'« aberration juridique qui semble directement inspirée des fameuses lois hitlériennes ». Critiquée lors d'une réunion de l'Organisation des Etats américains (OEA), fin octobre, la République dominicaine a fait valoir que les décisions du Tribuna...

Source  : http://www.lemonde.fR