lundi, novembre 18, 2013

La police lance un appel au calme avant des manifestations

La semaine dernière, une manifestation de l'opposition avait essuyé des jets de pierre et des tirs de la part de partisans présumés du président Martelly, faisant au moins trois blessés par balles. Photo Dieu Nalio Chery, AP
La police nationale haïtienne a lancé un appel au calme samedi, craignant des affrontements entre partisans et adversaires du président Michel Martelly lors de manifestations prévues lundi dans plusieurs villes du pays.
À Port-au-Prince, plusieurs organisations proches de l'opposition --qui réclame la démission de M. Martelly-- ont annoncé une manifestation lundi, prévoyant de se rendre dans les quartiers résidentiels de Pétion-ville, banlieue située à l'est de la capitale et considérée comme le fief du chef de l'État.


Le même jour, des partisans de Michel Martelly comptent également organiser des rassemblements dans la capitale pour apporter leur soutien au pouvoir.

«Il y a des possibilités de croisements de manifestants de chapelles différentes. Nous allons prendre des dispositions avec nos faibles moyens pour assurer la sécurité, mais nous demandons aux organisateurs des manifestations de collaborer avec la police pour éviter toute violence», a indiqué un porte-parole de la police.

Certains chefs de partis de l'opposition et plusieurs organisations ont prévu de descendre dans les rues d'autres grandes villes, comme Cap-Haïtien, dans le nord du pays.

La Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) a également publié un communiqué samedi, pressant les parties à éviter les heurts et soulignant son inquiétude concernant «la recrudescence d'actes de violence et d'homicides» dans plusieurs villes et municipalités.

«De tels actes criminels sont particulièrement inquiétants en ce qu'ils mettent en péril la sécurité de tous ainsi que la paix sociale dont Haïti a besoin afin d'avancer sur le chemin du renforcement de l'État de droit et du développement socio-économique», a déclaré une haute responsable de l'ONU en Haïti, Sandra Honoré.

La semaine dernière, une manifestation de l'opposition avait essuyé des jets de pierre et des tirs de la part de partisans présumés du président Martelly, faisant au moins trois blessés par balles.

Selon un parlementaire haïtien, des quantités d'armes auraient été distribuées par l'opposition et par des proches du pouvoir à Cité-Soleil, le plus grand bidonville de Port-au-Prince, où plus de 40 personnes ont été tuées par balles ces derniers jours lors d'affrontements entre bandes rivales.

«C'est une pratique en Haïti: les politiciens utilisent la violence contre leurs adversaires et distribuent des armes dans les quartiers pauvres et populaires de la capitale», a dénoncé une organisation de l'église catholique d'Haïti.

«Martelly ne dirige que pour son clan qui s'enrichit tandis que la misère augmente dans les ghettos», entendait-on récemment dans des manifestations rassemblant des milliers de personnes dans les rues de Port-au-Prince.

Depuis près de deux mois, les mouvements de protestation se multiplient à travers le pays pour réclamer des services de base, mais également demander le départ du président. En réponse, M. Martelly a mis en garde contre des troubles qui ne feront pas avancer le pays: «Nous avons dépensé beaucoup d'énergie dans des manifestations et des troubles qui n'ont pas fait avancer Haïti. Si vous renversez le président, il n'y aura aucune alternative et le pays plongera dans l'instabilité politique», a-t-il assuré.

Ce dernier doit par ailleurs faire face à de nombreuses pressions politiques pour organiser des élections sénatoriales et locales crédibles en retard de plus de deux ans.
AFP